En octobre prochain, l’UNESCO élira son nouveau Directeur général. Trois personnalités sont en lice : la Mexicaine Gabriela Ramos, l’Égyptien Khaled el-Enany, et le Congolais Édouard Firmin Matoko, dernier à s’être déclaré candidat, mais non moins solide dans la course.
Alors que certains observateurs évoquent une entrée « tardive » du diplomate congolais, le Premier ministre Anatole Collinet Makosso a fermement remis les pendules à l’heure. « Dans quelle institution présente-t-on une candidature deux ans à l’avance ? », a-t-il interrogé, précisant que la candidature de Matoko a été déposée dans les délais requis, conformément aux procédures de l’UNESCO.
Face à un ancien ministre égyptien des Antiquités, le Congo oppose un homme de l’intérieur, un serviteur de l’institution depuis près de trois décennies. « Il connaît la maison, ses forces, ses faiblesses, ses rouages. Il a œuvré pour la préservation du patrimoine mondial, y compris en Égypte. C’est un homme de réforme et de consensus, capable de guider l’UNESCO dans une période de recomposition internationale », a souligné le chef du gouvernement.
Alors que la candidature égyptienne bénéficierait, selon certaines sources, du soutien de pays influents comme la France, Anatole Collinet MAKOSSO n’a pas mâché ses mots. « Ce ne serait pas la première fois que la France tourne le dos au Congo. Si elle a oublié que Brazzaville fut la capitale de la France libre, d’autres pays, eux, ont la mémoire et la gratitude. »
Il a notamment cité l’Angola, dont l’indépendance fut appuyée activement par Brazzaville, ou encore l’Afrique du Sud, qui se souvient du rôle du Congo dans la lutte contre l’apartheid, notamment à travers le symposium littéraire anti-apartheid organisé dans la capitale congolaise.
« Ce que la France oublie, d’autres s’en souviennent encore », a-t-il conclu avec force, plaçant la candidature congolaise sous le signe de la loyauté, de la reconnaissance historique et de l’engagement pour une coopération multilatérale forte.
En somme, Édouard Firmin Matoko apparaît comme le candidat naturel d’une UNESCO en quête de réinvention, un homme du sérail, porteur de stabilité, de mémoire et de diplomatie constructive.